Les bienfaits de la décoction de prêle des champs en biodynamie

Par : Yannick Bohbot - Catégories : Biodynamie

Largement utilisée en agriculture biologique et biodynamique, la décoction de prêle des champs (equisetum arvense) fait partie des préparations préconisées par Rudolf Steiner (père de la biodynamie). Elle est importante dans le traitement préventif des cultures, notamment en viticulture. Elle est particulièrement utilisée en vigne pour prévenir le mildiou et limiter le recours à des traitements comme la bouillie bordelaise. Découvrez les propriétés, la préparation et les conseils d’application de cette « tisane de prêle » aux nombreux bienfaits.

Focus sur la prêle des champs

La prêle des champs, Equisetum arvense, est une plante vivace appartenant à la famille des Equisetaceae. Autrefois considérée comme une mauvaise herbe, elle a depuis gagné ses lettres de noblesse, non seulement pour ses vertus médicinales, mais aussi pour son rôle important dans l’agriculture biodynamique. Rudolf Steiner, le fondateur de l'agriculture biodynamique la préconisait déjà dans son « cours aux agriculteurs" en 1924.

En agriculture biologique et biodynamique, la prêle est utilisée aujourd'hui comme une solution naturelle pour protéger et renforcer la santé des plantes, et principalement celle de la vigne. On parle ainsi couramment de prêle vigne pour désigner son usage en protection naturelle du vignoble.

Décoction de prele sechee en biodynamie

Quels sont les bienfaits de la prêle sur les cultures ?

Une plante reminéralisante riche en silice

Riche en silice, en flavonoïdes et en potassium, la prêle joue une fonction reminéralisante sur les cultures.
Elle aide à renforcer la structure cellulaire des plantes et stimule leurs défenses immunitaires, les rendant ainsi plus résistantes aux maladies et aux parasites.

Des propriétés fongicides

La prêle des champs est naturellement dotée de propriétés asséchantes et fongicides, capables de prévenir l’apparition de maladies fongiques telles que le mildiou, la rouille, la tavelure ou encore la cloque du pêcher.

La bouillie de prêle est principalement utilisée en application foliaire (sur les parties aériennes) ou en arrosage au sol, souvent pour lutter contre les maladies cryptogamiques de la vigne. Elle est notamment reconnue comme solution naturelle en décoction de prêle contre le mildiou, en prévention.

Des vertus tonifiantes

En soutenant la photosynthèse, la prêle permet d’améliorer la croissance, la résistance et la vigueur des cultures.

Comment la prêle agit-elle sur les cultures ?

Lorsque l'on utilise une décoction de prêle comme traitement sur les plantes, dans une approche biodynamique, voici ce qui se passe : 

La décoction, qui contient de la silice, est appliquée sur les plantes. Cette silice s'accumule autour de la base des feuilles, puis, avec le temps et sous l'effet du soleil, elle s'évapore et laisse derrière elle de la silice sous sa forme cristallisée. Lorsque les rayons du soleil frappent ces cristaux de silice, cela crée un effet similaire à une loupe qui sèche et protège la zone, empêchant le développement de maladies fongiques. 

C'est un effet purement physique, il n'y a pas de réaction chimique qui tue les champignons. C'est plutôt une modification de l'environnement qui rend les cultures moins propices à leur croissance.

La préparation traditionnelle à base de bouse de vache enterrée à la pleine lune ne serait-elle alors que du folklore ? Oui et non, car si la silice, étant un cristal, ne change pas avec ce type de préparation, la bouse de vache elle, fermente et avec la partie végétale de la prêle, se transforme en un produit très nourrissant pour les plantes.

Ce mode d’action explique pourquoi la décoction de prêle vigne est surtout utilisée en amont des contaminations, dans une logique préventive.

Décoction de prêle et purin de prêle 

Comment préparer une décoction de prêle ?

La récolte : il est recommandé de récolter la prêle avant sa pleine floraison, c’est-à-dire au printemps ou au début de l’été, de préférence par temps sec. C’est à cette période que la concentration de silice et de saponines est la plus élevée.

Le séchage : dans le cas où la prêle fraîche n’est pas aussitôt utilisée pour préparer la décoction, il est possible de la faire sécher pour la conserver. Pour cela, il suffit d’étaler les tiges dans un lieu sec et aéré, à l’abri de la lumière directe du soleil. Le séchage complet prend environ une semaine.

La préparation de la décoction

1. Mélanger 200 g de prêle sèche (ou 1kg de prêle fraîche) à 10L d’eau de pluie froide.

2. Porter à ébullition pendant 30 à 45 minutes.

3. Filtrer la décoction ainsi obtenue.

Cette préparation est aussi appelée bouillie de prêle lorsqu’elle est utilisée en pulvérisation foliaire.

Quand appliquer le traitement à la prêle ?

En préventif : C’est la meilleure façon d’utiliser la décoction de prêle des champs. Le moment choisi est souvent le printemps, avant l’apparition des maladies fongiques.

En curatif : la préparation peut également être appliquée à l’apparition des maladies fongiques afin de limiter leur propagation. Elle peut être combinée à d’autres traitements autorisés en bio, notamment la bouillie bordelaise, pour renforcer son efficacité.

Quid du purin de prêle des champs ?

Le purin de prêle vigne est souvent comparé à la décoction, voire à la bouillie bordelaise. Contrairement à la décoction, qui est préparée par ébullition, le purin de prêle est obtenu par macération et fermentation de la plante dans l'eau pendant plusieurs jours (généralement 10 à 14 jours). Cette méthode de fermentation permet d'extraire davantage de composés bénéfiques présents dans la prêle.

Le purin est davantage utilisé comme traitement de fond pour renforcer les plantes. Ainsi, la question “purin de prêle ou bouillie bordelaise” ne se pose pas forcément : ces approches sont complémentaires selon le niveau de pression des maladies.

Où trouver de la prêle des champs de qualité ?

Pour garantir l’efficacité d’une décoction de prêle, la qualité de la plante utilisée est déterminante. Toutes les prêles ne se valent pas, et une matière première mal identifiée ou pauvre en silice limitera fortement les résultats au vignoble.

Bien choisir sa prêle des champs

Quelques critères essentiels :

  • Espèce : privilégier exclusivement Equisetum arvense (et non Equisetum palustre, potentiellement toxique)
  • Parties aériennes : tiges stériles riches en silice
  • Séchage maîtrisé : pour préserver les actifs
  • Origine contrôlée : gage de traçabilité

Une prêle de qualité garantit une meilleure efficacité contre le mildiou de la vigne et les maladies cryptogamiques.

Acheter de la prêle prête à l’emploi

Pour les viticulteurs souhaitant gagner du temps et sécuriser leurs pratiques, il est possible d’utiliser directement de la prêle séchée prête à l’emploi.

Nous proposons :

  • Prêle des champs (Equisetum arvense)
  • Partie aérienne, entière ou coupée
  • Conditionnement : 100 g
  • Récolte récente (2026)
  • Origine : Albanie

Notre prêle est idéale pour préparer :

  • une décoction de prêle pour la vigne
  • un purin de prêle
  • ou une bouillie de prêle en pulvérisation

Pourquoi acheter plutôt que récolter ?

Même si la prêle pousse naturellement, l’achat présente plusieurs avantages :

  • Sécurité botanique (éviter la confusion avec la prêle des marais)
  • Gain de temps en période de forte activité
  • Qualité constante pour des résultats reproductibles
  • Disponibilité toute l’année

Un point clé pour les exploitations viticoles qui doivent raisonner leurs traitements avec précision.

Passer à une protection naturelle maîtrisée

L’intégration de la prêle dans votre stratégie permet de :

  • réduire la dépendance au cuivre (bouillie bordelaise)
  • anticiper les épisodes de mildiou
  • renforcer durablement la vigne

Commander de la prêle des champs de qualité est donc la première étape pour mettre en place une protection naturelle efficace et cohérente en viticulture biologique ou biodynamique.

Sources :

Expérimentations sur vignes, maraîchage et grandes cultures dans une entreprise en Biodynamie : Essais sur la prêle et les modes de dynamisation, Leïla Thouret, 2014.
Fiche pratique « Les extraits végétaux en viticulture biologique », Michael RESSEGUIER et Anne DUVALCHABOUSSOU, 2016.
Silicium : l’élément longtemps oublié des plantes terrestres, Jean-Georges Barth, 2016.
Approche biodynamique de la fertilité des sols, Pierre Masson, 2009.

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🧑‍🔬 Biographie de l’auteur — Yannick Bohbot Yannick Bohbot est herboriste et fondateur de l’Herboristerie Yannick Bohbot, créée en 2012. Après d [...]

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