Kanna séché (Sceletium tortuosum) - "L'Herboristerie Yannick Bohbot"
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Kanna séché (Sceletium tortuosum) - "L'Herboristerie Yannick Bohbot"

Sceletium tortuosum - Kanna

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Sceletium tortusum, (Kanna).

Racine poudre, vrac. Les 10g

Récolte: 2026

Origine: Afrique du sud

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Sceletium tortuosum – Kanna, plante traditionnelle d'Afrique du Sud

Le kanna (Sceletium tortuosum) est une plante succulente originaire d'Afrique du Sud, connue depuis plusieurs siècles pour sa place dans les traditions ethnobotaniques des populations Khoïkhoï et San. Également appelé channa, il est notamment associé à une préparation traditionnelle nommée kougoed. Cette plante singulière de la famille des Aizoacées suscite aujourd'hui l'intérêt des chercheurs pour sa composition en alcaloïdes, notamment la mésembrine et la mésembrénone.

Qu'est-ce que le kanna (Sceletium tortuosum) ?

Le Sceletium tortuosum (L.) N.E.Br. est une plante vivace succulente appartenant à la famille botanique des Aizoaceae, qui comprend de nombreuses espèces adaptées aux environnements secs.

De croissance relativement basse, le kanna développe des tiges ramifiées portant des feuilles charnues, disposées par paires opposées. Ces feuilles constituent des réserves d'eau permettant à la plante de supporter des périodes de sécheresse.

Ses fleurs, généralement claires, présentent de nombreux éléments pétaloïdes caractéristiques de plusieurs représentants de cette famille botanique.

Le qualificatif latin tortuosum fait référence à l'aspect tortueux ou sinueux que peuvent présenter certaines parties de la plante.

Origine géographique et habitat naturel du kanna

Le Sceletium tortuosum est originaire d'Afrique du Sud, où il se rencontre notamment dans les régions du Cap.

Cette plante est adaptée aux milieux relativement arides et semi-arides. Elle peut se développer sur des terrains pierreux, sableux ou bien drainés, dans des environnements où les précipitations sont irrégulières.

Le kanna appartient ainsi à une flore sud-africaine particulièrement riche en plantes succulentes, dont plusieurs espèces présentent des adaptations remarquables à la sécheresse.

Kanna, channa, Sceletium et kougoed : les différentes appellations

Le Sceletium tortuosum est connu sous plusieurs appellations, dont certaines proviennent de l'histoire des populations autochtones d'Afrique australe.

  • Kanna : l'un des noms vernaculaires les plus couramment employés pour désigner cette plante.
  • Channa : une variante historique de son appellation traditionnelle.
  • Sceletium : le nom du genre botanique auquel appartient l'espèce.
  • Kougoed : un terme afrikaans généralement traduit par « chose à mâcher », désignant une préparation traditionnelle de matière végétale séchée, parfois après fermentation.

Ces appellations apparaissent dans différentes sources historiques et ethnobotaniques consacrées aux populations Khoïkhoï et San.

Il faut toutefois préciser que les noms traditionnels kanna et channa ont pu désigner plusieurs espèces végétales. Les observations anciennes ne concernent donc pas nécessairement toutes le seul Sceletium tortuosum.

Leur histoire et les pratiques auxquelles elles sont associées sont développées dans notre onglet « Usages traditionnels ».

Composition du kanna : mésembrine, mésembrénone et autres alcaloïdes

L'intérêt scientifique porté au Sceletium tortuosum repose notamment sur la présence d'une famille particulière de composés azotés : les alcaloïdes de type mésembrine.

Ces molécules ont fait l'objet de recherches en phytochimie et en pharmacologie afin de mieux comprendre leurs caractéristiques et leurs interactions avec certains systèmes biologiques.

La mésembrine

La mésembrine est l'un des alcaloïdes caractéristiques du genre Sceletium.

Des travaux expérimentaux ont notamment étudié son interaction avec le transporteur de la sérotonine (SERT), impliqué dans la recapture de ce neurotransmetteur.

Ces observations ne signifient pas que la plante augmente directement la production de sérotonine, ni qu'une préparation traditionnelle possède une efficacité thérapeutique démontrée.

Ces mécanismes sont notamment présentés dans les travaux pharmacologiques de Harvey et collaborateurs (2011).

La mésembrénone

La mésembrénone constitue un autre alcaloïde important du Sceletium tortuosum.

Des recherches expérimentales ont étudié son activité sur le transporteur de la sérotonine ainsi que sur certaines enzymes, notamment la phosphodiestérase de type 4 (PDE4).

Ces résultats contribuent à mieux caractériser la pharmacologie des alcaloïdes du kanna, sans permettre de prédire directement les effets d'une racine coupée ou d'une préparation artisanale.

Les autres alcaloïdes du Sceletium tortuosum

Outre la mésembrine et la mésembrénone, plusieurs autres alcaloïdes ont été identifiés dans l'espèce, notamment le mésembrénol, la tortuosamine et différents composés apparentés.

Une synthèse scientifique publiée par Olatunji et collaborateurs recense de nombreux alcaloïdes répartis en plusieurs grandes classes structurales.

La composition en alcaloïdes peut varier selon différents facteurs, notamment l'origine botanique, les conditions de culture, la partie végétale étudiée et les procédés de transformation.

Le kanna dans la recherche scientifique contemporaine

Depuis plusieurs décennies, le Sceletium tortuosum fait l'objet de recherches portant sur sa composition chimique et les propriétés pharmacologiques de certains de ses constituants.

Les scientifiques s'intéressent notamment aux interactions de ses alcaloïdes avec des mécanismes biologiques impliqués dans la neurotransmission.

Des études précliniques et quelques études cliniques ont également été réalisées sur des extraits spécifiques de Sceletium tortuosum.

Toutefois, les résultats obtenus avec ces extraits ne peuvent pas être automatiquement extrapolés à l'ensemble des préparations de kanna, et encore moins à une partie végétale différente.

La revue scientifique d'Olatunji et collaborateurs (2021) présente les principales recherches consacrées à cette plante, tout en soulignant les limites des connaissances cliniques disponibles.

Quelle partie du kanna proposons-nous ?

À l'Herboristerie Yannick Bohbot, nous proposons du Sceletium tortuosum sous forme de racine coupée.

Si les feuilles et les tiges sont particulièrement bien documentées dans la préparation traditionnelle du kougoed, les racines apparaissent également dans plusieurs ouvrages de référence consacrés à l'ethnobotanique des plantes psychoactives.

La racine de kanna dans la littérature ethnobotanique

Dans The Encyclopedia of Psychoactive Plants, l'ethnobotaniste Christian Rätsch mentionne la plante entière, racine comprise, parmi les matières végétales historiquement employées.

De leur côté, Richard Evans Schultes et Albert Hofmann rapportent, dans leur ouvrage Les Plantes des Dieux, que des explorateurs hollandais avaient observé la mastication de racines d'une plante appelée kanna ou channa par les populations Khoïkhoï d'Afrique australe.

Ces auteurs mentionnent également les parties herbacées et les racines parmi les matières végétales associées au Sceletium tortuosum.

Ces témoignages présentent un intérêt historique particulier. Toutefois, le nom traditionnel kanna pouvait désigner plusieurs espèces du genre Sceletium, voire des plantes autrefois classées dans le genre Mesembryanthemum.

Il convient donc de distinguer les usages historiquement rapportés pour le kanna de ceux qui peuvent être attribués avec certitude à l'espèce Sceletium tortuosum.

Racine coupée et composition en alcaloïdes

La racine constitue une partie botanique distincte des feuilles et des tiges. Sa composition chimique ne peut donc pas être considérée comme identique à celle des parties aériennes.

Les recherches pharmacologiques contemporaines portent principalement sur des extraits végétaux spécifiques ou standardisés. Leurs résultats ne peuvent pas être automatiquement extrapolés à la racine coupée de kanna.

En l'absence d'analyse spécifique du lot, aucune concentration particulière en mésembrine, mésembrénone ou autres alcaloïdes ne peut être garantie.

Comment le kanna était-il traditionnellement préparé ?

Les populations d'Afrique australe connaissaient différentes préparations végétales regroupées sous les noms de kanna, channa ou kougoed.

La préparation traditionnelle la mieux documentée est le kougoed, généralement obtenu à partir de parties aériennes de la plante, notamment les feuilles et les tiges, soumises à un processus de transformation puis de séchage.

Les observations ethnobotaniques recueillies par Smith et collaborateurs (1996) décrivent notamment les procédés traditionnels de transformation du kanna.

Les racines apparaissent également dans certaines sources historiques. Christian Rätsch, ainsi que Schultes et Hofmann, les mentionnent parmi les matières végétales traditionnellement employées.

Il convient cependant de ne pas confondre ces témoignages avec les méthodes de préparation du kougoed les mieux documentées, ni de supposer que toutes les parties végétales étaient utilisées de manière identique.

L'histoire de ces préparations, les observations des premiers explorateurs européens et les pratiques des populations Khoïkhoï et San sont développées dans l'onglet « Usages traditionnels ».

Informations importantes sur le Sceletium tortuosum

Le Sceletium tortuosum contient des alcaloïdes faisant l'objet de recherches pharmacologiques, notamment en raison de leurs interactions possibles avec le système sérotoninergique.

Les préparations de kanna ne doivent pas être considérées comme des traitements contre l'anxiété, la dépression ou d'autres troubles médicaux.

Des interactions avec certains médicaments agissant sur la neurotransmission, notamment les traitements sérotoninergiques, sont théoriquement possibles. Les données disponibles ne permettent pas d'établir précisément le profil de sécurité de toutes les préparations de cette plante.

En raison du manque de données de sécurité, une prudence particulière s'impose notamment pendant la grossesse et l'allaitement.

Les informations ethnobotaniques et scientifiques présentées sur cette fiche sont fournies à titre documentaire. Elles ne constituent ni une recommandation de consommation ni un conseil médical.

Conservation : conserver la matière végétale dans un endroit sec, à l'abri de la lumière et de l'humidité, hors de portée des enfants.

Sources scientifiques et ethnobotaniques

  • Olatunji T. L. et al. (2021). Sceletium tortuosum: A review on its phytochemistry, pharmacokinetics, biological and clinical activities. Journal of Ethnopharmacology. Consulter la publication.
  • Harvey A. L. et al. (2011). Pharmacological actions of the South African medicinal and functional food plant Sceletium tortuosum and its principal alkaloids. Journal of Ethnopharmacology. Consulter la publication.
  • Krstenansky J. L. (2017). Mesembrine alkaloids: Review of their occurrence, chemistry, and pharmacology. Journal of Ethnopharmacology. Consulter la publication.
  • Patnala S., Kanfer I. (2009). Investigations of the phytochemical content of Sceletium tortuosum following the preparation of "Kougoed" by fermentation of plant material. Journal of Ethnopharmacology. Consulter la publication.
  • Smith M. T., Crouch N. R., Gericke N., Hirst M. (1996). Psychoactive constituents of the genus Sceletium N.E.Br. and other Mesembryanthemaceae: a review. Journal of Ethnopharmacology. Consulter la publication.
  • Rätsch C. (2005). The Encyclopedia of Psychoactive Plants: Ethnopharmacology and Its Applications. Park Street Press. Notice « Sceletium tortuosum – Kougoed ».
  • Schultes R. E., Hofmann A. Les Plantes des Dieux : les plantes hallucinogènes. Notice « Sceletium – Ficoïde tortueux » et tableau des plantes psychoactives.

Les informations fournies par "l'Herboristerie Yannick Bohbot" sont données à titre informatif et ne peuvent se substituer à l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé.
Conserver hors de portée des enfants, à l'abri de la chaleur et de l'humidité.

Origine
Afrique du Sud
Poids
10g
Récolte
2026
Conditions de récolte
Manuelle
Date de durabilité minimale (DDM)
Déc. 2024
Kanna
rating
Très bon produit

Les usages traditionnels du Kanna – Sceletium tortuosum

Le kanna (Sceletium tortuosum) occupe une place singulière dans l'histoire ethnobotanique de l'Afrique australe. Connu sous les noms de kanna, channa ou kougoed, il appartient à un ensemble de plantes utilisées depuis plusieurs siècles par les populations Khoïkhoï et San. Les témoignages historiques évoquent sa mastication, ses préparations fermentées, ses usages sociaux et médicinaux, ainsi que ses effets sur l'humeur et les perceptions. Si les feuilles et les tiges sont particulièrement bien documentées, les racines apparaissent également dans plusieurs sources ethnobotaniques anciennes.

Le kanna dans les traditions des Khoïkhoï et des San

Les Khoïkhoï, historiquement associés à des sociétés pastorales, et les San, dont plusieurs communautés pratiquaient la chasse et la cueillette, possèdent une longue histoire de connaissance des plantes d'Afrique australe.

Parmi les végétaux traditionnellement employés figurent différentes espèces du genre Sceletium, connues sous les appellations de kanna ou channa.

Ces plantes occupaient une place dans certaines pratiques sociales et médicinales. Les témoignages historiques leur attribuent également des effets psychoactifs, notamment des modifications de l'humeur et des perceptions.

Dans leur revue ethnobotanique consacrée au Sceletium, Gericke et Viljoen (2008) retracent plusieurs siècles d'observations concernant ces usages.

Il convient toutefois de préciser que les noms traditionnels kanna et channa ne désignaient pas nécessairement une seule espèce botanique. Certaines observations anciennes peuvent ainsi concerner d'autres représentants du genre Sceletium ou des plantes autrefois classées parmi les Mesembryanthemum.

Le kanna chez les chasseurs-cueilleurs

Les sources ethnobotaniques rapportent que certaines préparations de kanna étaient utilisées lors des déplacements et des activités quotidiennes.

La mastication du végétal était notamment associée à une atténuation subjective des sensations de faim et de soif, ainsi qu'à une modification de la perception de la fatigue.

Il ne s'agissait donc pas d'une plante destinée à hydrater l'organisme, mais d'un végétal auquel étaient traditionnellement attribués des effets sur la perception de certains besoins physiologiques.

Ces usages sont notamment évoqués dans les travaux de Smith et collaborateurs (1996), qui rassemblent différentes observations historiques sur les plantes du genre Sceletium.

Le kougoed : la préparation traditionnelle du kanna

Le kougoed, terme afrikaans généralement traduit par « chose à mâcher », constitue l'une des préparations les plus connues associées au kanna.

Dans les traditions documentées, cette préparation était généralement réalisée à partir des parties aériennes de la plante, notamment les feuilles et les tiges.

La matière végétale subissait une transformation avant d'être séchée et conservée.

La fermentation traditionnelle du kanna

Les ethnobotanistes ont recueilli différentes descriptions de la préparation du kougoed.

La matière végétale pouvait être écrasée, puis conservée dans des contenants fermés, notamment des enveloppes en peau animale ou des sacs, afin de subir une transformation traditionnellement décrite comme une fermentation.

Après cette étape, le végétal était généralement séché au soleil.

Dans The Encyclopedia of Psychoactive Plants, Christian Rätsch reprend notamment les observations ethnobotaniques de Smith et collaborateurs (1996), qui décrivent les différentes étapes de cette préparation traditionnelle.

Le terme « fermentation » doit être compris dans son contexte ethnobotanique : les transformations chimiques et microbiologiques exactes pouvaient varier selon les méthodes employées.

Pourquoi transformait-on le kanna ?

La transformation traditionnelle du kanna était associée, dans certains témoignages, à une modification de ses caractéristiques et de ses effets ressentis.

Des recherches phytochimiques modernes ont montré que les procédés de transformation pouvaient modifier les proportions de certains alcaloïdes présents dans la plante.

Ces observations ne signifient cependant pas que toutes les préparations fermentées possèdent une composition identique.

Les méthodes traditionnelles rapportées dans la littérature ne constituent pas des recommandations de préparation domestique.

Comment le kanna était-il traditionnellement utilisé ?

Les documents historiques et ethnobotaniques décrivent plusieurs modes d'utilisation des plantes regroupées sous le nom de kanna.

La mastication du kanna

La mastication constitue l'une des pratiques les plus fréquemment rapportées.

Le kougoed séché pouvait être conservé en bouche et mâché. Les témoignages anciens associent cette pratique à différentes sensations subjectives, notamment des modifications de l'humeur, une diminution ressentie de la faim ou de la soif et, dans certains cas, une impression d'euphorie.

Ces descriptions relèvent de l'observation ethnobotanique et ne constituent pas une démonstration d'efficacité thérapeutique.

Le kanna fumé ou utilisé comme tabac à priser

Plusieurs sources historiques mentionnent également des usages du kanna sous forme de matière végétale fumée ou réduite en poudre et employée comme tabac à priser.

Certains récits évoquent notamment l'utilisation de résidus végétaux après mastication.

Ces pratiques sont recensées dans la revue ethnopharmacologique de Smith et collaborateurs (1996).

Il s'agit de pratiques historiques documentées, et non de recommandations d'utilisation.

Les boissons et préparations liquides

Des témoignages historiques et ethnobotaniques mentionnent également l'emploi de certaines espèces de Sceletium dans des préparations liquides.

Dans The Encyclopedia of Psychoactive Plants, Christian Rätsch rapporte notamment l'existence d'une préparation de feuilles employée traditionnellement dans certaines régions d'Afrique du Sud.

Il mentionne des usages médicinaux populaires dans le Namaqualand et la région de Queenstown, où des préparations de feuilles étaient utilisées pour leurs propriétés supposées contre la douleur et la sensation de faim.

Ces observations sont notamment reprises des travaux de Smith et collaborateurs (1996).

Ces préparations doivent être distinguées du kougoed traditionnellement mâché et ne permettent pas d'établir un mode de préparation adapté à toutes les parties de la plante.

La racine de kanna dans les témoignages historiques

Si les feuilles et les tiges constituent les parties les mieux documentées dans la préparation traditionnelle du kougoed, les racines de kanna apparaissent également dans plusieurs ouvrages ethnobotaniques de référence.

Les observations des explorateurs hollandais

Dans leur ouvrage Les Plantes des Dieux, Richard Evans Schultes et Albert Hofmann rapportent que des explorateurs hollandais avaient observé, plus de deux siècles auparavant, la mastication de racines d'une plante appelée kanna ou channa par les populations Khoïkhoï d'Afrique australe.

Les auteurs associent ces pratiques à des effets psychoactifs rapportés par les observateurs européens.

Cette mention présente un intérêt ethnobotanique particulier, car elle témoigne de l'existence d'usages historiques concernant les parties souterraines de plantes désignées sous le nom de kanna.

Il convient cependant de préciser que les explorateurs ne disposaient pas toujours des moyens permettant d'identifier précisément les espèces botaniques concernées.

La racine de Sceletium dans les ouvrages de Christian Rätsch

Dans The Encyclopedia of Psychoactive Plants, Christian Rätsch consacre une notice spécifique au Sceletium tortuosum, sous le nom de kougoed.

Dans la rubrique consacrée aux parties végétales traditionnellement employées, il mentionne explicitement la plante entière, racine comprise.

Cette indication confirme que les racines ne sont pas absentes de la documentation ethnobotanique consacrée au kanna.

Elle ne permet toutefois pas de conclure que les racines seules possèdent une composition ou des propriétés identiques à celles des feuilles, des tiges ou des préparations traditionnelles fermentées.

Une distinction importante entre les espèces

Les noms traditionnels kanna et channa ont historiquement été appliqués à plusieurs espèces végétales.

Dans Les Plantes des Dieux, Schultes et Hofmann rappellent notamment que différentes espèces de Sceletium, autrefois classées dans le genre Mesembryanthemum, ont été regroupées sous ces appellations.

Il serait donc inexact d'attribuer automatiquement à Sceletium tortuosum l'ensemble des pratiques historiques rapportées pour le kanna.

La racine coupée de Sceletium tortuosum proposée par l'Herboristerie Yannick Bohbot doit ainsi être distinguée des préparations traditionnelles de parties aériennes et des observations concernant d'autres espèces.

Les premières observations européennes du kanna

L'histoire écrite du kanna remonte au moins au XVIIe siècle, lorsque les voyageurs et administrateurs européens commencèrent à consigner certaines pratiques végétales des populations autochtones d'Afrique australe.

Les témoignages du XVIIe siècle

Les premières mentions écrites du kanna sont généralement situées dans les années 1660, notamment dans les documents associés à Jan van Riebeeck, administrateur de la colonie néerlandaise du Cap.

Ces témoignages attestent l'intérêt porté par les Européens à une plante déjà connue localement, mais ils ne permettent pas toujours d'identifier avec certitude l'espèce botanique concernée.

Dans The Encyclopedia of Psychoactive Plants, Christian Rätsch évoque également les récits de voyageurs européens, notamment ceux de George Meister, publiés au XVIIe siècle.

Ces récits décrivent certaines pratiques de fumigation des populations Khoïkhoï, sans que la nature botanique exacte des végétaux employés puisse toujours être établie.

Les observations de Carl Peter Thunberg

Au XVIIIe siècle, le botaniste suédois Carl Peter Thunberg (1743-1828), élève de Linné, parcourut différentes régions d'Afrique australe.

Il rapporta des observations concernant des préparations végétales appelées kanna, notamment leur transformation et leur mastication.

Ses descriptions constituent des témoignages importants pour l'histoire ethnobotanique de ces plantes.

Il faut cependant rappeler que certaines observations anciennes ont été rapprochées d'autres espèces du genre Sceletium, et non exclusivement de Sceletium tortuosum.

Ces témoignages sont notamment analysés dans la revue historique de Gericke et Viljoen (2008).

Le kanna, l'éland et les traditions spirituelles des San

L'un des aspects les plus intéressants de l'ethnobotanique du kanna concerne ses possibles liens avec l'univers symbolique des populations San.

Dans plusieurs traditions San, l'éland (Taurotragus oryx), une grande antilope africaine, occupe une place importante dans les récits mythologiques, les représentations rupestres et certaines pratiques rituelles.

Cet animal est notamment associé aux expériences de transe, aux cérémonies de guérison et à certaines conceptions de la puissance spirituelle.

Une plante et une antilope portant le même nom

Dans The Encyclopedia of Psychoactive Plants, Christian Rätsch rapporte que le terme kanna était également associé à l'éland dans certaines traditions San.

Il rapproche cette association linguistique et symbolique de l'importance de l'animal dans les cérémonies de transe.

Rätsch évoque notamment les travaux de David Lewis-Williams, spécialiste de l'art rupestre et des traditions symboliques des San.

Ces rapprochements suggèrent que le kanna a pu occuper une place dans certains contextes rituels.

Il convient néanmoins de distinguer cette hypothèse ethnobotanique d'une preuve d'utilisation systématique du Sceletium tortuosum lors des cérémonies de transe.

Kanna et peintures rupestres

L'art rupestre des San représente fréquemment des animaux, notamment l'éland, ainsi que des scènes interprétées par certains chercheurs comme des représentations d'expériences rituelles ou de transe.

Christian Rätsch évoque la possibilité que certaines expériences visionnaires associées aux plantes psychoactives aient contribué à cet univers symbolique.

Cette interprétation demeure hypothétique : aucune preuve directe ne permet d'attribuer la réalisation de peintures rupestres particulières à l'utilisation du kanna.

Quels effets du kanna sont rapportés dans les sources historiques ?

Les descriptions anciennes du kanna mentionnent différents effets subjectifs attribués à certaines préparations du genre Sceletium.

Dans The Encyclopedia of Psychoactive Plants, Christian Rätsch reprend notamment des témoignages recueillis par Smith et collaborateurs (1996), évoquant une tranquillité méditative, une attention portée aux sensations corporelles et, chez certains utilisateurs, une modification de la perception tactile.

Certains récits historiques évoquent également des expériences visionnaires.

Le kanna dans les usages médicinaux populaires d'Afrique australe

Au-delà de ses usages sociaux et psychoactifs, le kanna apparaît également dans différentes traditions médicinales populaires d'Afrique du Sud.

Les sources ethnobotaniques rapportent notamment l'emploi de préparations végétales dans des contextes liés à la douleur, à la faim ou à certaines manifestations de fatigue.

Christian Rätsch mentionne ainsi, dans sa notice consacrée au Sceletium tortuosum, des préparations de feuilles utilisées dans le Namaqualand et la région de Queenstown.

Ces observations sont principalement reprises des travaux ethnobotaniques de Smith et collaborateurs (1996).

Il s'agit de pratiques médicinales traditionnelles rapportées, et non d'indications thérapeutiques reconnues.

Les recherches contemporaines sur certains alcaloïdes du kanna ne permettent pas de valider automatiquement l'ensemble de ces usages historiques.

Sources historiques et ethnobotaniques

  • Rätsch C. (2005). The Encyclopedia of Psychoactive Plants: Ethnopharmacology and Its Applications. Park Street Press. Notice « Sceletium tortuosum – Kougoed ».
  • Schultes R. E., Hofmann A. Les Plantes des Dieux : les plantes hallucinogènes. Notice « Sceletium – Ficoïde tortueux » et tableau des plantes psychoactives.
  • Smith M. T., Crouch N. R., Gericke N., Hirst M. (1996). Psychoactive constituents of the genus Sceletium N.E.Br. and other Mesembryanthemaceae: a review. Journal of Ethnopharmacology, 50(3), 119-130. Consulter la publication.
  • Gericke N., Viljoen A. M. (2008). Sceletium – A review update. Journal of Ethnopharmacology, 119(3), 653-663. Consulter la publication.
  • Van Wyk B. E. (2008). A review of Khoi-San and Cape Dutch medical ethnobotany. Journal of Ethnopharmacology, 119(3), 331-341. Consulter la publication.
  • Lewis-Williams J. D. (1981). Believing and Seeing: Symbolic Meanings in Southern San Rock Paintings. Academic Press.

Les informations fournies par l'Herboristerie Yannick Bohbot sont données à titre informatif et documentaire et ne peuvent se substituer à l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé.

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