Orpin rose - Rhodiola rosea
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Racine coupée ou poudre, vrac. Les 50g.
Récolte: 2025.
Origine: Chine.
Orpin rose – Rhodiola rosea – Racine de Rhodiole
L’Orpin rose (Rhodiola rosea L.), également appelé Rhodiole, Rhodiola, Racine d’or ou Racine arctique, est une plante vivace de la famille des Crassulacées naturellement présente dans les régions froides et montagneuses de l’hémisphère Nord. Ses parties souterraines, constituées du rhizome et des racines, occupent une place particulière dans les traditions d’Europe du Nord et d’Asie et ont fait l’objet de nombreuses recherches modernes. La Rhodiola est aujourd’hui l’une des plantes les plus emblématiques associées au concept d’adaptogène, notamment dans les travaux consacrés au stress, à la fatigue, à la résistance physique et mentale ainsi qu’aux performances cognitives.
Rhodiola rosea, une plante des régions froides
Rhodiola rosea L. est une plante herbacée vivace et succulente appartenant à la famille des Crassulaceae, la même famille botanique que les différents orpins.
Elle est particulièrement adaptée aux environnements froids et difficiles. Son aire naturelle couvre une vaste partie des régions subarctiques et montagneuses de l’hémisphère Nord : Scandinavie, Islande, Russie, Sibérie, montagnes européennes et asiatiques ainsi que certaines régions septentrionales d’Amérique du Nord.
La plante développe des tiges dressées portant des feuilles épaisses et charnues. Sous terre se trouve un rhizome épais accompagné de nombreuses racines. Ce sont principalement ces parties souterraines qui sont utilisées en herboristerie et étudiées dans la littérature scientifique.
Pourquoi l’appelle-t-on « Racine de rose » ou « Racine d’or » ?
La Rhodiola est connue sous de nombreux noms vernaculaires : Orpin rose, Rhodiole, Racine de rose, Racine d’or, Racine dorée ou Racine arctique. Dans la littérature anglophone, on rencontre notamment les appellations roseroot et golden root.
Le nom Rhodiola rosea fait référence à l’odeur rappelant celle de la rose qui peut se dégager du rhizome fraîchement sectionné. Cette particularité aromatique a largement contribué à ses différents noms populaires.
L’appellation « Racine d’or » n’est cependant pas exclusivement réservée à Rhodiola rosea. Plusieurs plantes ont reçu des noms similaires selon les régions et les traditions, ce qui impose de toujours se référer au nom botanique de l’espèce.
Le rhizome et la racine : les parties recherchées de la Rhodiola
La matière végétale traditionnellement utilisée est constituée des parties souterraines de Rhodiola rosea, essentiellement le rhizome et les racines.
Cette précision est importante puisque les monographies européennes et une grande partie des recherches consacrées à la Rhodiola portent précisément sur Rhodiola rosea L., rhizoma et radix, c’est-à-dire le rhizome et la racine.
Une racine brute d’herboristerie ne doit toutefois pas être confondue avec les extraits concentrés ou standardisés utilisés dans une partie des études scientifiques.
Rosavines, salidroside et composition de Rhodiola rosea
Les parties souterraines de Rhodiola rosea contiennent un ensemble complexe de constituants naturels. Parmi les molécules les plus étudiées figurent le salidroside, également appelé rhodioloside, ainsi que plusieurs composés phénylpropanoïdes généralement regroupés sous le terme de rosavines, notamment la rosavine, la rosine et la rosarine.
La plante renferme également différents composés phénoliques, flavonoïdes, proanthocyanidines, acides organiques ainsi que des composés aromatiques.
Rhodiola rosea : une plante emblématique du concept d’« adaptogène »
La Rhodiola est aujourd’hui fréquemment décrite comme une plante adaptogène. Ce terme est devenu presque indissociable de son image, mais il mérite d’être expliqué.
Le concept moderne d’adaptogène s’est développé au XXe siècle, notamment dans le contexte des recherches soviétiques consacrées à certaines substances susceptibles d’accompagner la capacité d’adaptation de l’organisme face à différents facteurs de stress.
La Rhodiola est devenue, avec d’autres plantes comme le ginseng ou l’éleuthérocoque, l’une des plantes les plus étudiées dans ce domaine.
Dans ce contexte, une plante dite adaptogène est traditionnellement associée à la résistance de l’organisme face au stress physique ou émotionnel, à la fatigue ainsi qu’aux situations demandant une capacité d’adaptation importante.
Stress, fatigue et résistance de l’organisme
La Rhodiola est traditionnellement associée à la capacité de l’organisme à s’adapter au stress émotionnel et à l’effort physique.
Elle peut notamment aider à réduire la fatigue causée par le stress ainsi que la fatigue pouvant accompagner un travail mental important.
Cette relation entre stress, fatigue et capacité d’adaptation constitue l’un des principaux axes de la réputation contemporaine de Rhodiola rosea.
Performances mentales et fonctions cognitives
Rhodiola rosea est également associée au maintien d’une activité mentale et cognitive optimale.
Elle est notamment étudiée dans les situations de fatigue mentale, de stress ou de forte sollicitation intellectuelle. Cette dimension explique l’intérêt porté à la plante dans les recherches concernant la concentration, la vigilance, les performances cognitives et la résistance à une charge mentale importante.
Performance physique, endurance et résistance
La Rhodiola est également traditionnellement associée à la condition physique, à l’endurance et à la résistance.
Elle contribue à la résistance physique et mentale lorsque l’organisme est soumis à des situations exigeantes. Cette réputation a conduit de nombreux chercheurs à s’intéresser à Rhodiola rosea dans le domaine de l’exercice, de l’effort physique et de la récupération après une sollicitation importante.
État d’esprit et système nerveux
La Rhodiola est également traditionnellement associée au système nerveux et à l’état d’esprit.
Les recherches modernes consacrées à cette plante ne se sont donc pas limitées à la fatigue physique : elles ont également exploré ses relations potentielles avec le stress psychologique, la fatigue mentale, l’humeur et les symptômes dépressifs.
Pourquoi la Rhodiola est-elle étudiée dans le domaine de l’humeur et de la dépression ?
La relation entre Rhodiola rosea et l’humeur occupe une place particulière dans la littérature scientifique moderne.
Plusieurs travaux expérimentaux et cliniques se sont intéressés aux effets potentiels de la Rhodiola sur les symptômes dépressifs. Cette recherche explique pourquoi le terme « antidépresseur » est parfois associé à la Rhodiola dans la littérature scientifique ou dans les publications consacrées aux plantes adaptogènes.
Un essai clinique publié en 2007 par Darbinyan et ses collaborateurs a notamment évalué un extrait standardisé de Rhodiola rosea chez des personnes présentant des symptômes dépressifs légers à modérés.
Une autre étude clinique publiée en 2015 par Mao et ses collaborateurs a comparé un extrait de Rhodiola rosea, la sertraline et un placebo chez des personnes souffrant d’un trouble dépressif majeur.
Ces recherches participent à la compréhension scientifique de la Rhodiola et expliquent l’intérêt qui lui est porté dans le domaine de l’humeur. Elles ne permettent toutefois pas de présenter une racine brute de Rhodiola comme un médicament antidépresseur. Les essais ont été conduits avec des extraits définis, selon des concentrations, des doses et des protocoles précis.
Propriétés antioxydantes
La Rhodiola est également associée à des propriétés antioxydantes. Plusieurs de ses constituants ont fait l’objet de recherches concernant les mécanismes liés au stress oxydatif et à la protection cellulaire.
Cet axe de recherche vient compléter les travaux portant sur la résistance de l’organisme au stress et sur les mécanismes biologiques susceptibles d’intervenir dans les effets traditionnellement attribués à la plante.
Circulation sanguine et performances cérébrales
Rhodiola rosea est traditionnellement associée au maintien du fonctionnement normal du système circulatoire, participant à l’apport d’oxygène et de nutriments aux cellules.
Une circulation sanguine normale est également associée au maintien des performances cérébrales et de la réactivité.
Confort digestif
La Rhodiola est également traditionnellement associée à la santé du tractus gastro-intestinal et au maintien d’une fonction intestinale normale.
Cet aspect est nettement moins connu que ses usages liés au stress, à la fatigue ou aux performances physiques et mentales, mais il fait partie des propriétés traditionnellement rapportées pour l’espèce.
Une plante ancienne au cœur de la recherche moderne
L’intérêt de Rhodiola rosea réside dans la rencontre entre traditions anciennes et recherches contemporaines.
Utilisée depuis longtemps dans différentes régions septentrionales d’Europe et d’Asie, elle a ensuite occupé une place importante dans les recherches soviétiques consacrées à la fatigue, au stress et à la capacité d’adaptation de l’organisme.
À partir de la seconde moitié du XXe siècle, la Rhodiola est progressivement devenue un sujet de recherche international. Les travaux ont porté notamment sur le stress, la fatigue, les performances physiques et cognitives, l’humeur, les symptômes dépressifs ainsi que sur les constituants caractéristiques de la plante.
Cette abondance de recherches explique pourquoi la Rhodiola est aujourd’hui l’une des plantes les plus connues lorsqu’il est question de stress, de fatigue, de résistance physique et mentale et de plantes dites adaptogènes.
Il convient néanmoins de toujours distinguer les résultats obtenus avec un extrait standardisé des propriétés pouvant être attribuées directement à une racine brute. Une étude portant sur un extrait défini et une dose précise ne signifie pas automatiquement qu’une autre préparation produit les mêmes effets.
Rhodiola rosea ou Rhodiola crenulata : deux espèces différentes
Le genre Rhodiola comprend de nombreuses espèces. Rhodiola rosea L. est l’espèce présentée ici et celle sur laquelle porte une grande partie de la littérature européenne consacrée à la Rhodiole ou Racine d’or.
Elle ne doit notamment pas être confondue avec Rhodiola crenulata, une autre espèce du genre Rhodiola, utilisée notamment en Asie.
Les compositions, usages et données scientifiques d’une espèce ne doivent pas être automatiquement transposés à une autre. L’identification botanique de Rhodiola rosea constitue donc un élément essentiel pour interpréter correctement la littérature consacrée à cette plante.
Sources et bibliographie
Royal Botanic Gardens, Kew. Plants of the World Online – Rhodiola rosea L. Référence taxonomique et données relatives à la répartition de l’espèce.
European Medicines Agency (EMA), Committee on Herbal Medicinal Products (HMPC). European Union herbal monograph on Rhodiola rosea L., rhizoma et radix, Revision 1, 2024.
European Medicines Agency (EMA), Committee on Herbal Medicinal Products (HMPC). Assessment report on Rhodiola rosea L., rhizoma et radix, Revision 1, 2024.
Panossian A., Wikman G. Rosenroot (Rhodiola rosea): Traditional use, chemical composition, pharmacology and clinical efficacy. Phytomedicine, 2010; 17: 481–493.
Darbinyan V., Aslanyan G., Amroyan E., Gabrielyan E., Malmström C., Panossian A. Clinical trial of Rhodiola rosea L. extract SHR-5 in the treatment of mild to moderate depression. Nordic Journal of Psychiatry, 2007; 61(5): 343–348.
Mao J.J. et al. Rhodiola rosea versus sertraline for major depressive disorder: A randomized placebo-controlled trial. Phytomedicine, 2015; 22(3): 394–399.
Rätsch C., Müller-Ebeling C. The Encyclopedia of Aphrodisiacs: Psychoactive Substances for Use in Sexual Practices. Park Street Press. Mention de Rhodiola rosea et des différentes plantes désignées sous l’appellation « golden root ».
Les informations fournies par "l'Herboristerie Yannick Bohbot" sont données à titre informatif et ne peuvent se substituer à l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé.
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- Origine
- Chine
- Poids
- 50g
- Récolte
- 2025
- Conditions de culture
- Cultivé
- Conditions de récolte
- Manuelle
- Date de durabilité minimale (DDM)
- 09/27
Les usages traditionnels de l’Orpin rose (Rhodiola rosea)
L’Orpin rose (Rhodiola rosea) accompagne depuis longtemps les populations des régions froides de l’hémisphère Nord. De la Scandinavie aux territoires russes et sibériens jusqu’aux communautés inuites d’Amérique du Nord, cette plante a été employée aussi bien comme aliment que dans différentes pratiques médicinales traditionnelles. Sa réputation de plante associée à la résistance, à la fatigue et aux conditions de vie difficiles précède de plusieurs siècles les recherches qui feront de la Rhodiola l’une des plantes emblématiques du concept moderne d’« adaptogène ».
Une plante médicinale et alimentaire des peuples du Nord
Rhodiola rosea possède une vaste répartition circumpolaire. Elle pousse naturellement dans différentes régions froides et montagneuses d’Europe, d’Asie et d’Amérique du Nord.
Cette répartition explique la diversité de ses usages. Selon les régions et les populations, différentes parties de la plante ont été employées comme aliment, plante médicinale populaire ou plante fortifiante.
Les parties souterraines, constituées du rhizome et des racines, ont acquis une réputation particulière. Mais l’histoire ethnobotanique de la Rhodiola ne se limite pas à sa racine : dans certaines populations nordiques, ses jeunes feuilles et parties aériennes étaient également consommées.
La Rhodiola chez les Inuits : aliment et plante traditionnelle
L’usage de Rhodiola rosea par les populations inuites d’Amérique du Nord est bien documenté. Des travaux ethnobotaniques réalisés notamment auprès des Inuits du Nunatsiavut, au Labrador, montrent que la plante occupait à la fois une place alimentaire et médicinale.
Les jeunes feuilles et les extrémités des tiges pouvaient être consommées crues, notamment comme aliment saisonnier. Les jeunes bourgeons étaient également consommés au printemps, tandis que les parties aériennes pouvaient être cuisinées. La racine elle-même pouvait être consommée crue ou cuite.
Les usages médicinaux étaient tout aussi variés. La racine écrasée pouvait être appliquée sous forme de cataplasme ou de compresse, notamment sur certaines coupures, affections cutanées ou furoncles. Des préparations de la plante étaient également utilisées traditionnellement pour différents troubles cutanés.
Des usages internes ont aussi été recueillis auprès des communautés : la racine pouvait notamment être bouillie puis mâchée, tandis que différentes préparations de la plante étaient traditionnellement associées aux refroidissements et à certains troubles digestifs.
Ces témoignages sont particulièrement précieux car ils montrent que la Rhodiola n’était pas seulement considérée comme une « plante adaptogène » au sens moderne : elle faisait partie d’un véritable savoir ethnobotanique local, alimentaire et médicinal.
La Rhodiola dans les traditions scandinaves
L’Orpin rose possède également une longue histoire dans les pays nordiques. Son utilisation est documentée dans différentes traditions populaires de Scandinavie et apparaît dans plusieurs ouvrages médicaux et pharmacopées anciennes.
Au XVIIIe siècle, Carl von Linné mentionne la racine de Rhodiola dans sa Materia Medica de 1749. La plante apparaît également dans la première pharmacopée nationale suédoise au XVIIIe siècle.
Dans le nord de l’Europe, la Rhodiola a été employée dans différentes préparations populaires. Des usages historiques sont notamment rapportés contre le scorbut, affection autrefois particulièrement importante dans les régions septentrionales où l’accès hivernal aux végétaux frais était limité.
En Norvège, la plante possède également une tradition populaire pour les brûlures et différentes affections cutanées. Son rhizome agréablement parfumé a aussi été employé pour laver les cheveux et dans certaines préparations d’hygiène.
Les Vikings utilisaient-ils vraiment la Rhodiola ?
Une tradition fréquemment rapportée veut que les Vikings aient utilisé la Rhodiola pour accroître leur force et mieux supporter les travaux physiques ainsi que les conditions difficiles.
Cette histoire est reprise dans plusieurs ouvrages modernes consacrés à Rhodiola rosea. Elle correspond assez bien à la réputation ultérieure de la plante dans les régions nordiques, mais elle doit être présentée avec prudence.
Les recherches historiques et archéobotaniques actuellement disponibles ne permettent pas d’affirmer avec certitude cet usage par les Vikings. Aucun vestige archéobotanique direct de Rhodiola n’a été identifié pour la période viking, même si la nature charnue de la plante et la petite taille de ses graines rendent sa conservation archéologique particulièrement difficile.
La Rhodiola peut donc être présentée comme une plante importante de la tradition nordique à laquelle est associée une tradition d’usage remontant aux Vikings, mais non comme une « plante magique des Vikings » historiquement démontrée.
Russie, Sibérie et Altaï : la « Racine d’or »
L’histoire de Rhodiola rosea est particulièrement liée à la Russie, à la Sibérie et aux régions montagneuses de l’Altaï, où elle acquiert une réputation de plante fortifiante.
Ses parties souterraines sont traditionnellement associées à la fatigue, à la résistance physique et à la capacité de supporter des périodes exigeantes. Cette réputation populaire jouera un rôle déterminant lorsque les chercheurs soviétiques commenceront à s’intéresser scientifiquement à la plante au XXe siècle.
L’appellation de « Racine d’or » ou golden root est devenue l’un des noms les plus connus de la Rhodiola. Il convient toutefois de rappeler que cette appellation n’est pas exclusivement réservée à Rhodiola rosea et qu’elle a été appliquée à plusieurs plantes différentes selon les traditions.
« Hong Jing Tian » et médecine chinoise : attention aux différentes espèces de Rhodiola
Les Rhodiola occupent également une place dans les traditions médicinales chinoises et tibétaines, où elles sont généralement regroupées sous des appellations dérivées de « Hong Jing Tian » (红景天).
Il est cependant important de distinguer les espèces. Le nom Hong Jing Tian peut désigner plusieurs espèces du genre Rhodiola, notamment Rhodiola crenulata, Rhodiola kirilowii, Rhodiola tangutica et Rhodiola rosea.
Rhodiola crenulata occupe notamment une place beaucoup plus directement documentée dans la pharmacopée chinoise et la médecine tibétaine. Il serait donc imprécis d’attribuer automatiquement à notre Rhodiola rosea l’ensemble des usages traditionnels chinois rapportés sous le nom Hong Jing Tian.
Cette distinction est importante en ethnobotanique comme en herboristerie : des plantes appartenant au même genre peuvent posséder une histoire, une composition et des usages différents.
De la plante fortifiante au concept moderne d’« adaptogène »
Le grand tournant dans l’histoire moderne de la Rhodiola intervient au XXe siècle avec les recherches menées en Union soviétique sur les substances dites « adaptogènes ».
Les chercheurs soviétiques s’intéressent alors à différentes plantes susceptibles d’accompagner la résistance de l’organisme face aux contraintes physiques et psychologiques. L’éleuthérocoque, le ginseng et la Rhodiola font partie des plantes qui vont progressivement devenir emblématiques de ces recherches.
Cette histoire permet de comprendre une distinction essentielle : les populations traditionnelles n’utilisaient évidemment pas le terme scientifique moderne d’« adaptogène ». Elles connaissaient en revanche la Rhodiola comme une plante associée à la force, à la fatigue, au travail et à la résistance aux conditions difficiles.
Le concept moderne d’adaptogène peut ainsi être considéré comme une tentative de formalisation scientifique de certaines propriétés traditionnellement recherchées, plutôt que comme une notion médicinale ancestrale.
La Rhodiola dans la recherche soviétique
À partir du milieu du XXe siècle, Rhodiola rosea fait l’objet d’un nombre croissant de recherches en Union soviétique.
Les chercheurs s’intéressent notamment à la fatigue, aux capacités de travail, aux performances physiques et mentales et à la résistance aux situations de stress.
Cette période marque le passage progressif de la Rhodiola d’une plante issue des traditions populaires russes et sibériennes à une plante étudiée dans un cadre pharmacologique et institutionnel.
Les documents historiques repris dans l’évaluation européenne de la Rhodiola rapportent qu’en 1969, le ministère de la Santé de l’ancienne Union soviétique recommande l’autorisation de l’utilisation médicale et de la production industrielle d’une préparation de Rhodiola.
En 1975, une préparation de Rhodiola entre dans le cadre pharmacopéal soviétique, témoignant de l’importance prise par la plante dans l’ancienne URSS.
Stress, fatigue et résistance : une continuité entre tradition et recherche
Ce qui rend l’histoire de la Rhodiola particulièrement intéressante est la continuité qui apparaît entre certaines de ses anciennes réputations et les questions étudiées par les chercheurs modernes.
La résistance physique, la fatigue, le travail soutenu et la capacité à supporter des conditions difficiles sont des thèmes récurrents dans son histoire ethnobotanique. Ils deviendront ensuite des sujets d’étude dans les recherches consacrées au stress et aux plantes adaptogènes.
Cette continuité explique en grande partie pourquoi Rhodiola rosea est aujourd’hui devenue l’une des plantes les plus représentatives de la notion d’adaptation au stress physique et émotionnel.
De la fatigue à l’humeur et aux symptômes dépressifs
Les recherches modernes ont progressivement élargi leur champ au-delà de la résistance physique. Les chercheurs se sont également intéressés à la fatigue mentale, au stress psychologique, à l’état d’esprit et à l’humeur.
Certains travaux cliniques ont ensuite étudié la Rhodiola dans le contexte de symptômes dépressifs, contribuant à faire connaître la plante dans ce domaine.
Il serait cependant anachronique de transformer ces recherches contemporaines en un prétendu usage « antidépresseur » ancestral. La dépression au sens clinique et les médicaments antidépresseurs appartiennent à un cadre médical moderne. Les traditions anciennes témoignent plutôt d’une réputation autour de la fatigue, de la faiblesse, de la force et de la résistance.
Une tradition reconnue au niveau européen
L’histoire d’utilisation de Rhodiola rosea est aujourd’hui suffisamment documentée pour que l’Agence européenne des médicaments (EMA) lui consacre une monographie.
Le Comité des médicaments à base de plantes (HMPC) reconnaît, sur la base de son usage traditionnel de longue date, l’utilisation de préparations médicinales déterminées de Rhodiola pour le soulagement temporaire de symptômes du stress tels que la fatigue et la sensation de faiblesse.
Cette reconnaissance constitue un lien particulièrement intéressant entre les anciennes traditions des peuples du Nord, l’histoire scientifique soviétique de la plante et sa place actuelle dans l’herboristerie européenne.
Tradition et connaissances scientifiques : deux niveaux complémentaires
L’histoire de Rhodiola rosea illustre particulièrement bien la rencontre entre ethnobotanique et recherche scientifique.
Les usages traditionnels permettent de comprendre la place occupée par la plante auprès de différentes populations : aliment chez certaines communautés arctiques, plante de la pharmacopée populaire nordique et racine fortifiante dans les traditions russes et sibériennes.
Les recherches entreprises au XXe siècle ont ensuite cherché à comprendre scientifiquement cette réputation, donnant à la Rhodiola une place particulière parmi les plantes aujourd’hui qualifiées d’adaptogènes.
Cette continuité entre traditions nordiques, connaissances ethnobotaniques, recherches soviétiques et travaux scientifiques contemporains constitue l’une des caractéristiques les plus remarquables de l’histoire de l’Orpin rose.
Références bibliographiques
European Medicines Agency (EMA), Committee on Herbal Medicinal Products (HMPC). European Union herbal monograph on Rhodiola rosea L., rhizoma et radix, Revision 1, 2024.
European Medicines Agency (EMA), Committee on Herbal Medicinal Products (HMPC). Assessment report on Rhodiola rosea L., rhizoma et radix, Revision 1, 2024.
Panossian A., Wikman G. Rosenroot (Rhodiola rosea): Traditional use, chemical composition, pharmacology and clinical efficacy. Phytomedicine, 2010; 17: 481–493.
Mardones V., Cuerrier A., Hermanutz L. Developing a community-based enterprise: Nunatsiavut Inuit knowledge and perspectives on the use of medicinal plant Rhodiola rosea. Ethnobotany Research and Applications, 2021; 22: 1–13.
Royal Botanic Gardens, Kew – Medicinal Plant Names Services. Données relatives à l’appellation Hong Jing Tian et aux différentes espèces du genre Rhodiola auxquelles elle est appliquée.
Rätsch C., Müller-Ebeling C. The Encyclopedia of Aphrodisiacs: Psychoactive Substances for Use in Sexual Practices. Park Street Press. Mention de Rhodiola rosea parmi les plantes désignées sous l’appellation « golden root ».
Les informations fournies par "L’Herboristerie Yannick Bohbot" sont données à titre informatif, historique et ethnobotanique. Les usages décrits témoignent de pratiques traditionnelles ou de données historiques et ne constituent pas une recommandation thérapeutique.